Dans les installations industrielles où l’eau joue un rôle central — comme les tours de refroidissement, les réservoirs de stockage, les réseaux de canalisations, les systèmes de sprinklers et les installations de traitement de l’eau — la corrosion est un problème bien connu. Ce qui est beaucoup moins connu, c’est le rôle que jouent les micro-organismes dans ce processus. La Corrosion Microbiologiquement Induite (CMI) représente un risque insidieux mais sérieux, pouvant entraîner des dommages accélérés aux installations, souvent sans signe d’alerte visible.
Qu’est-ce que la CMI ?
La CMI, également appelée bio corrosion, est une forme de corrosion causée ou accélérée par la présence et l’activité de micro-organismes tels que les bactéries. Ce processus biologique se manifeste principalement dans des environnements humides et sur des matériaux métalliques tels que l’acier (inoxydable), le cuivre et l’aluminium.
La CMI se développe lorsque des micro-organismes s’attachent aux surfaces métalliques et forment une couche appelée biofilm. À l’intérieur de cette couche, les bactéries produisent des substances telles que des acides, du mucus, des gaz et des sulfures, qui attaquent le métal.
Ces processus entraînent une corrosion localisée et souvent invisible, difficile à détecter sans analyse ciblée. Contrairement à la corrosion générale, la CMI évolue souvent de manière rapide et irrégulière, rendant les dommages imprévisibles.

Quelles bactéries causent la CMI ?
Les principaux micro-organismes responsables de la CMI sont :
- Les bactéries sulfato-réductrices (SRB) : transforment les sulfates en sulfure d’hydrogène, une substance hautement corrosive.
- Les bactéries ferreuses : utilisent le fer comme source d’énergie, provoquant des dépôts et la dégradation des métaux.
- Les bactéries productrices d’acide : génèrent des acides qui attaquent chimiquement les surfaces métalliques.
- Les bactéries productrices de mucus : forment des biofilms denses favorisant les obstructions et la corrosion.
Pourquoi la CMI est-elle si dangereuse ?
La CMI est difficile à détecter, car les dégâts sont souvent dissimulés sous des biofilms ou des dépôts. Les premiers signes visibles sont souvent des piqûres (petits trous dans le métal), des fuites ou des pertes de pression — mais à ce stade, les dégâts sont généralement déjà importants. De plus, les protections anticorrosion classiques sont souvent inefficaces contre la CMI, car elles ciblent les causes chimiques plutôt que microbiologiques.
Le processus est généralement localisé, ce qui rend l’évaluation des risques structurels difficile. Dans les environnements où l’eau est stagnante ou circule lentement, la CMI peut se développer rapidement et causer des dégâts graves en quelques semaines à quelques mois.
Comment reconnaître la CMI ?
Soyez attentif aux signes d’alerte suivants :
- Corrosion inexpliquée à des endroits inattendus
- Piqûres (petits trous) localisées sur les surfaces métalliques
- Biofilms bruns, noirs ou visqueux
- Problèmes récurrents malgré les traitements anticorrosion habituels
Quels secteurs présentent un risque accru de CMI ?
La CMI touche un large éventail de secteurs industriels. Dans l’industrie pétrolière et gazière, les pipelines et réservoirs de stockage sont particulièrement vulnérables. Les installations de traitement de l’eau rencontrent des problèmes de CMI dans les tuyauteries, les réservoirs et les systèmes de refroidissement. Dans les centrales électriques, les échangeurs thermiques et les tours de refroidissement constituent des points sensibles. L’industrie agroalimentaire, l’industrie chimique et le secteur pharmaceutique, qui utilisent des installations de traitement de l’eau ou de processus, sont également confrontés à des risques importants liés à la CMI.
Les canalisations de sprinklers et les réservoirs d’eau de lutte contre l’incendie présentent également un risque accru, car ils restent souvent inactifs pendant de longues périodes.
La CMI entraîne fréquemment une augmentation des coûts de maintenance, des arrêts imprévus et, parfois, la nécessité de remplacer entièrement certains systèmes. Une approche préventive est donc essentielle.
Détection de la MIC par analyses de l’eau
La CMI nécessite une approche spécialisée, fondée sur une expertise microbiologique. Chez Ekopak, nous disposons de notre propre laboratoire dans lequel nous réalisons des analyses d’eau approfondies, y compris des tests BART (Biological Activity Reaction Tests). Ces tests permettent de détecter la présence de micro-organismes responsables de la corrosion et d’identifier la présence éventuelle de CMI.
Ekopak propose des solutions ciblées pour maîtriser la CMI et prévenir la corrosion dans vos installations.


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